Jardin des deux Rives

L'esprit du Jardin des deux Rives

Jardin

Le Jardin des Deux Rives a pu voir le jour grâce à la conjonction favorable d'événements historiques majeurs : le développement de l'Europe, la suppression des contrôles douaniers, mais aussi la réunification allemande, avec le retrait des troupes françaises installées à Kehl. Les importantes parcelles ainsi libérées ont ouvert des perspectives intéressantes pour des aménagements urbains sur les rives du Rhin.

1996 : les villes de Kehl et de Strasbourg décident de postuler ensemble pour l'organisation du Landesgartenschau 2004 qu'elles vont remporter.

1998 : un concours est lancé pour l'aménagement du jardin. Parmi 26 projets, le concept du cabinet Brosk d'Essen l'emporte. Les pouvoirs politiques valident le choix du jury et décident de donner une importance majeure à la passerelle.

Mai 2000 : le projet de passerelle de l'architecte français Marc Mimram est retenu parmi cinq propositions.La ligne élancée de la passerelle renforce le symbole de la rencontre entre les deux pays.

Novembre 2002 : début des travaux du jardin.

Février 2003 : début des travaux de la passerelle.

23 avril 2004 : inauguration du Festival des Deux Rives et du Landesgartenschau.

10 octobre 2004 : le festival et le Landesgartenschau ferment leurs portes. L'espace du Jardin des Deux Rives est ouvert au public. Après ces six mois de festival, le Jardin des Deux Rives a trouvé sa place, à la fois celle d'un espace de rencontres et d'échanges entre Strasbourgeois et Kehlois mais c'est aussi un lieu festif et convivial au bord de l'eau. Il représente également un lieu d'accueil privilégié pour les manifestations liées aux arts du cirque.

Cet espace de plus de 60 hectares comprenant entre autres 650 nouveaux arbres, et près de 8000 arbustes est ouvert à tous et est un symbole fort de la construction européenne. 

Lignes de force et architecture

Jardin2

C'est un fait historique: c'est la première fois que Strasbourg se construit non pas contre le Rhin et l'Allemagne, mais avec Kehl et le fleuve. Le Jardin sera l'heureuse conclusion d'un axe urbain encore en devenir, qui commencera place de l'Etoile, près du centre de Strasbourg et ralliera la ville de Kehl.
Constitué d'anciennes friches industrielles, d'installations portuaires désaffectées ou encore de terrains militaires abandonnés, ce no man's land entre le centre-ville et la frontière est le théâtre de nombreuses opérations d'urbanisation. Le Jardin des Deux Rives en constitue l'aboutissement géographique, porteur du caractère transfrontalier de l'ensemble. L'architecture du Jardin a permis de relever un défi: faire un avec trois, c'est-à-dire que le Rhin et ses deux rives sont désormais unis. La synthèse a été réalisée visuellement, géométriquement et logiquement, grâce au mur d'eau, aux trois axes principaux du Jardin et à la promenade le long du Rhin.

La rive française

Jardin3

La promenade le long du Rhin restitue la rive aux promeneurs. Jusqu'alors, une double rangée de peupliers isolait le fleuve de la rive française. Aujourd'hui, le principe d'ouverture prévaut, avec la volonté de se réapproprier la vue sur le Rhin et ses activités, sur l'autre rive et ses promeneurs. Un parcours a été aménagé pour les piétons, un autre est dévolu aux cyclistes et aux rollers sur plus d'un kilomètre.
Plutôt que de faire table rase du passé, le projet a intégré les équipements existants, pourtant disposés sur le site sans logique ni harmonie : auberge de jeunesse, centre équestre, boulodrome et hôtel profitent du Jardin pour commencer une nouvelle vie, en quittant une zone jusqu'alors désolée et se rapprocher d'un nouveau centre de vie et d'activités. A l'extrémité nord du mur d'eau s'ouvre l'espace jeune public : jardin-école et chapiteaux accueillent théâtre, contes, ateliers pédagogiques et artistiques pour la joie des plus jeunes.

Un soin particulier a été apporté à la mise en lumière du Jardin des Deux Rives afin de mettre en valeur les différents espaces et de créer divers ambiances. Le mur d'eau et la passerelle ont également été des sujets d'étude particuliers, ce qui a permis de jouer avec les reflets de l'eau, la végétation ou encore les câbles d'acier des haubans.

Le mur d'eau

Jardin4

Situé du côté français, le mur d'eau fait écho à la ligne courbe de l'Altrhein, ce bras du Rhin qui allonge sa courbe nonchalante dans un quartier résidentiel de Kehl. Le mur d'eau rassemble, réunit. Cet impressionnant arc de cercle est l'élément architectural majeur du jardin. Long de 250 mètres, il est constitué par des plans, inclinés de 2 à 5 m, revêtus d'un parement en pierre naturelle sur lequel s'écoule tranquillement un film d'eau - tout juste perturbé par les pierres naturelles dont les saillies font naître un perpétuel mouvement. En haut de ce mur, un parcours offre une vue imprenable sur le jardin et les deux Rives et des bassins d'eau ont été creusés en contrebas. Trois axes de circulation, parallels au pont de l'Europe, traversent le Jardin. Ils marquent une continué visuelle entre les deux rives, l'axe central assurant en plus une réelle continuité physique au-dessus du Rhin, grâce à la passerelle. Afin de rattacher plus fortement le Jardin à la ville de Kehl, il  s'est avéré important d'ouvrir la digue, qui constituait jusqu'alors une barrière contre les inondations. Des ouvertures ont donc été pratiquées dans le prolongement des trois grandes allées transversales, en direction de la ville.

La rive allemande

Villa Schmidt

Côté kehlois, il existait déjà un jardin. Le projet du Jardin des deux Rives a permis d'embellir le site, de le structurer et de le relier au côté français. Plusieurs réalisations ont mis en valeur l'Altrhein et la promenade fait désormais partie intégrante de la ville. La digue a également été abaisséem, ce qui facilite l'accés au jardin, et la roseraie a été reconstituée. 
Le Festival a aussi été l'occasion d'opérer un embellissement important de l'entrée de la ville. Cette vaste opération de réhabilitation de l'ancienne zone douanière, de la caserne du Duc Friedrich et l'amènagement d'un jardin en terrasses à proximité de la villa Schmidt,a ainsi incité Kehl à participer au concours du Landesgartenschau.

Depuis 2003, les terrasses sur le Rhin sont un nouvel accès au fleuve. Trois terrasses, reliées par des escaliers et une rampe d'accès pour handicapés, constituent, pour une raison historique, une vaste entrée dans le centre-ville. Sur la place au pied des terrasses se trouve une rampe d'accès en pente douce qui permet d'accéder à la promenade du Rhin qui se termine au niveau du barrage.


La Villa Schmidt
C'est une construction de style néoclassique, bâtie au début du 20ème siècle. Tourmentée par les guerres, elle passe alternativement entre les mains de propriétaires français et allemands et ce n'est qu'en 1996 qu'elle devient la propriété de la ville de Kehl.  Lors des travaux pour le Landesgartenschau, on a découvert sur le parvis de la Villa Schmidt un tunnel souterrain, qui faisait autrefois partie des fortifications de Kehl. Durant l'exposition horticole, la Villa accueillit une exposition sur l'histoire de la ville et du Rhin. La villa est maintenant transformée en restaurant au rez-de-chaussée et dans le caveau une brasserie a vu le jour.

Devant la Villa Schmidt se trouve un embarcadère pour les paquebots de croisière ainsi que les bateaux touristiques comme ceux qui se trouvent à Strasbourg.

La caserne du Grand Duc Friedrich
Ce bâtiment de style classique a, en son temps, hébergé le Badische Pionier-Bataillon ainsi que le casino des officiers, lequel fut inauguré par le Grand Duc Friedrich. Depuis le mois de décembre 2002, le centre franco-allemand de la police et des douanes est installé dans une partie du bâtiment. La cour de la caserne devient un nouveau lieu de spectacles, avec des représentations classiques, rock, folk, sportives ou théâtrales.

La promenade du Rhin

La promenade du Rhin a toujours été un lieu de promenade apprécié des Kehlois. De la Villa Schmidt au nord jusqu'à son extrémité sud près de la piscine, cet espace vert se déploie entre le fleuve et la digue sur plus d'un kilomètre. Il se distingue par ses arbres impressionnants : érables, chênes, frênes, peupliers, cèdres et platanes.

Cette balade est également l'occasion de découvrir des œuvres d'artistes qui offrent au promeneur une multitude de points d'attraction le long de l'allée. Différentes L'aire de jeux aquatiques
Au sud du Jardin des deux Rives se trouve l'aire de jeux aquatiques. Différentes installations consacrées aux jeux d'eau s'y trouvent et permettent aux plus jeunes de mener des expériences scientifiques et hydrauliques. À proximité de la maison des jeunes, de nombreuses installations attendent le jeune public : une balancoire, des jeux d'escalade et de glisse et des cabanes. Un peu plus loin, le skatepark de 700 m2 et le nouveau terrain de beach-volley sont ouverts aux débutants et aux experts.

Le vieux Rhin
Au niveau du Rhin, la promenade se poursuit sur une note romantique, en remontant l'Altrhein, le "vieux Rhin" qui pénètre dans la ville. Ce bras conduit vers le Jardin des sens, qui est à côté du terrain de sport, puis vers la scène aquatique, sur laquelle se déroulent de nombreux spectacles. La balade se termine avec la poésie de la roseraie, aménagée sur le modèle des jardins de cloître ou de château, tandis que juste à côté, une aire de jeu offre aux plus petits un nouvel espace de détente.

La tour panoramique
À l'extrême sud du Jardin, l'UFO ou "Unbekanntes Forstobjekt" (Objet Forestier Non Identifié), d'une architecture particulièrement futuriste accueille des ateliers pédagogiques sur le thème de l'environnement. Avant de quitter le Jardin des Deux Rives, il faut absolument escalader les 210 marches de cette tour panoramique. Haute de 44 mètres, elle permet de jeter un œil neuf sur les Vosges et la Forêt Noire ainsi que sur toutes les installations qui, en quelque dix-huit mois de travaux ont transformé une zone peu valorisée en un Jardin vivant et créatif.

Le Roseraie
La balade se termine avec la poésie de la roseraie, aménagée d'après la modèle de jardins d'abbaye ou de château, tandis que juste à côté, une aire de jeu offre un nouvel espace de détente aux plus petits.

La Passerelle des deux Rives

Symboliser l'amitié franco-allemande, créer un nouveau lieu de promenade et de rencontre, donner au Jardin des Deux Rives toute sa signification en permettant aux piétons et aux cyclistes de franchir le Rhin… tels étaient les enjeux du projet de la Passerelle, dont la réalisation constitue sans nul doute l'une des principales attractions du Jardin. C'est à l'issue d'un concours international que le projet de l'architecte Marc Mimram a été retenu. Composée de deux voies parallèles, qui se rejoignent sur une plate-forme au milieu du fleuve, cette passerelle est un modèle d'élégance et d'originalité.Sa géométrie se révèle être également hors du commun : aucun élément n'est semblable, ce qui a exigé un façonnage particulier, entièrement sur mesure.Les différentes structures ont été fabriquées en Saxe, assemblées dans le port de Kehl, puis amenées par barque sur le site. Autre particularité : la Passerelle a fait l'objet d'essais en soufflerie, à Aix-la-Chapelle, afin de contrôler sa résistance au vent.
L'ouvrage enjambe le fleuve à quelques encablures au sud du Pont de l'Europe, à hauteur du km 292,95. D'une longueur de 387,40 m, il se compose de deux franchissements, reliés entre eux par des poutres, suspendus à deux pylônes d'acier par des câbles de diamètres variables. De nombreuses contraintes ont été prises en compte pour la conception de cette passerelle : la navigabilité du fleuve, bien sûr, mais aussi la protection des oiseaux migrateurs (grèbe huppée, cormoran, oie sauvage, sarcelle, poule d'eau, héron gris…). Des modifications ont par ailleurs été apportées à la passerelle, afin d'éviter que les oiseaux ne se blessent en heurtant les haubans.

Données techniques
Hauteur : environ 10 mètres
Longueur totale : 387,40 mètres
Largeur : 3,50 mètres côté amont - 2,00 mètres côté aval
Hauteur des mâts : 36 mètres
Distance entre les piles : 175 mètres
Piles : 6 900 m3 de béton armé
Pylônes et câbles (haubans) : 1 100 tonnes d'acier et 3 700 mètres de câbles d'acier
Tablier : béton et acier

L'art du Jardin

Jardin7

Le Jardin n'a pas pour simple vocation d'exposer des œuvres créées ailleurs… mais de susciter la création, de stimuler l'imagination, d'inspirer l'artiste. C'est ainsi que cinq œuvres ont été conçues pour le Jardin, parfois pour un lieu précis du Jardin. Akio Suzuki, Tadashi Kawamata, Andrea Blum, Philippe Lepeut et Sylvie Blocher en sont les auteurs.

L'Autre Côté de Sylvie Blocher n'est pas encore installé : Aux abords de la rive, d'amples corolles colorées font vibrer l'étendue verte du jardin et perturbent joyeusement l'alignement rigoureux des chemins. Comme suspendues au-dessus de l'eau et de l'herbe, elles accueillent une personne, un couple, une famille ou un groupe. On s'y installe en une sorte de lévitation, pour regarder ceux de l'autre côté et pour mieux soupeser le lien et la distance, le présent et l'histoire, soi et l'autre. Au moment des crues qui parfois font grossir le Rhin, elles apparaîtront, comme des îlots de couleur, des taches de lumière à fleur d'eau.
Alsacienne d'origine, Sylvie Blocher compte parmi les plasticiens les plus importants d'aujourd'hui. Ses projets in situ sont conçus comme des interventions destinées à activer une situation, à inverser ou infléchir le sens d'une histoire qui pèse sur les êtres.
Le Sleep (Dormir) et Drink (Boire) d'Andrea Blum
Pensant aux nécessités vitales de l'être humain, Andrea Blum a conçu deux structures : le Sleep et Drink. Le Sleep est constitué d'un ensemble de divans en béton teinté, où l'on s'installe côte à côte, face-à-face ou dos à dos : les corps forment des ensembles évolutifs tels que tant d'autres expériences de cohabitation temporaire. Un peu plus loin, les vasques aux formes nette et pure de Drink dessinent poétiquement la relation au fleuve : boire à la fontaine, voir et entendre le Rhin couler, sentir ruisseler l'eau dans son corps. Les éléments de chaque structure s'articulent de manière à provoquer des situations d'intimité inattendues avec notre voisin. Une façon pour l'artiste d'observer la façon dont les visiteurs s'accommodent de leur proximité sur des sièges à la fois communs et individuels, de susciter malicieusement la conscience de soi et de l'autre…
Artiste new-yorkaise, Andrea Blum s'intéresse à l'architecture et à l'urbanisme ainsi qu'aux mutations de la société. Dans ses projets, elle explore le cadre de la vie quotidienne, intime ou publique. Ses installations sont à la fois des solutions pratiques et des expériences qui nous font modifier nos gestes habituels ou notre manière de nous comporter seuls ou en groupe.

La Garden Folies and Wooden Structures de Tadashi KawamataL'ampleur du site a incité Tadashi Kawamata à proposer une multitude de structures et d'architectures en bois de mélèze, disséminées dans tout le jardin, aussi poétiques que fonctionnelles. Edicules rudimentaires, les folies appartiennent à la tradition des jardins 18e et 19e siècles. Elles s'ouvrent largement sur le Rhin et l'autre berge. Orientées vers le fleuve, simples et dénuées de tout artifice, elles offrent au promeneur solitaire un lieu de calme, de recueillement et de méditation sur l'histoire du site. Les Wooden Structures, placées à côté des chemins ou des allées, sont à la fois des éléments de gymnastique et des repères dans le jardin. On s'y assoit, s'y allonge, on y pratique à sa guise des exercices physiques pour tous les âges et tous les goûts, on y prend de la hauteur, on joue, on s'amuse et l'on invente son propre parcours. Artiste sans atelier, Tadashi Kawamata réalise uniquement des œuvres in situ. Elles proposent généralement une expérience, à partir d'une modification de notre position et d'une mise en énergie des échanges. Son œuvre manifeste le devenir des êtres et des choses et se distingue par une volonté de sortir du cadre, des limites imposées.

Amer 6 de Philippe Lepeut
L'emplacement choisi par Philippe Lepeut porte le nom de son repère sur le Rhin : l'amer 6 (kilomètre 392,6). Faisant dos au fleuve, un grand monocrome aussi bleu que le ciel d'août à été représenté sur un mur. Il fait partie d'une cabane surélevée, protégée du soleil par un treillis, servant d'appui à des plantes grimpantes (clématites et houblons sauvages, lianes emblématiques de la forêt rhénane). Cette cabane de pêcheur est un point de rencontre proposé aux associations et institutions œuvrant pour la protection du milieu aquatique. Elle invite aussi à une réflexion sur la connaissance du biotope, sur le respect de la faune et de la flore et sur la nécessité d'une conscience civique et responsable vis-à-vis du paysage et de la nature. Elle propose à la fois une sensibilisation poétique et scientifique à l'écologie et à l'environnement.
Né à Nantes en 1957, Philippe Lepeut vit aujourd'hui à Strasbourg. Son œuvre se nourrit de références littéraires et scientifiques (botanique, entomologie...). Attentif à la nature, il interroge par ses dernières œuvres sur les nouvelles formes d'artificialité portées par nos technologies, ainsi que sur les aménagements qui modifient l'équilibre de notre environnement.

Izanai 2004 et Otodate-steps d'Akio Suzuki
Deux murs de grès rouge, incurvés à la manière de deux mains géantes entretiennent un souffle perpétuel. Izanai 2004,space of enticement (espace d'incitation), crée un paysage sonore amplifié et invite à une écoute privilégiée de l'espace phonique du jardin. Akio Suzuki a soigneusement choisi l'emplacement et l'orientation des murs, de manière à ce qu'ils fassent écho aux sons venant du fleuve ou du mur d'eau. Les échanges sonores diffèrent selon le déplacement ou la position du promeneur, qui se place et se déplace vers les différnets points d'écoute marqués au sol. Chaque mur stimule l'oreille la plus proche. Au centre, les deux oreilles sont stimulées en même temps : la proposition est faite à deux personnes de se tenir dos à dos pour une écoute partagée. Les Otodate-steps sont les lieux d'écoute pour la "cérémonie des sons". Ce motif très stylisé, représentant deux oreilles dans deux empreintes de pieds, est gravé dans une plaque de grès ou peint au pochoir. Akio Suzuki a déterminé plusieurs points d'écoute dans le jardin et au-delà, dans le quartier du Port du Rhin. Ce faisant, il multiplie les expériences, suscitant notre ouïe, modifiant notre rapport au monde essentiellement entretenu par la vue. Pionnier de l'art du son, performer espiègle et inclassable, inventeur d'instruments de musique, Akio Suzuki a pour sujet le désir d'écouter et d'entendre. Né en 1941 et vivant au Japon, il explore le rapport qu'entretiennent le temps, le son et l'espace.

Histoire d'un lieu hautement stratégique

Hafen Historisch

Il ne reste aujourd'hui aucune trace du castrum romain établi en l'an 12 av. J.-C, seulement le souvenir d'un premier pont sur le Rhin qui était au départ une passerelle de bois et s'est transformé ensuite en un "pont long" au Moyen Âge qui permettait de franchir les différents bras de ce fleuve réputé indomptable. La ville de Kehl fut mentionnée pour la première fois en 1038 et était, à l'époque, un village de pêcheurs avec une église paroissiale. En 1678, la ville devint un lieu de retranchement pour Louis XIV pendant la Guerre de Trente Ans. Vauban participera ensuite à la fortification de la ville de Kehl pour protéger Strasbourg. La forteresse de Kehl restera, avec de courtes interruptions, une possession badoise.

Avec la réunion des marquisats (Markgrafschaften) de Baden-Durlach et Baden-Baden en 1771, Kehl devint progressivement un centre de commerce pour le bois et le chanvre et obtient le droit municipal en 1744. L'expansion économique de Kehl fut interrompue par les guerres napoléoniennes de 1792. Durant deux décennies la ville fut assiégée. Le fort de Kehl ville est détruit lors de la Révolution Française et Napoléon ordonne sa reconstruction. Il devient alors l'une des plus grandes fortifications d'Europe, jusqu'à son démantèlement lors de la paix de Lunéville et son intégration dans le grand Duché de Bade.

La reconstruction de Kehl commence en 1815. Deux architectes ont joué un rôle important dans la reconstruction de la ville, Weinbrenner et Tulla. Tulla a également initié les travaux pour corriger le parcours du Rhin, ce qui a eu une grande importance dans le développement économique de Kehl par la suite. En 1861, la construction de deux ponts sur le Rhin (l'un ferroviaire et l'autre routier) a eu une influence sur l'industrie de Kehl. Ces ponts constituaient également le premier lien direct entre la Place Kléber et la mairie de Kehl. Cette croissance économique fut brusquement interrompue par la guerre franco-allemand de 1870-1871 au cours de laquelle la ville de Kehl fut durement touchée. Après la guerre de 1870, l'Alsace devient un Etat de l'Empire Allemand. La grande île appelée "Kommissionsinsel", située devant la rive du Rhin à la hauteur de Kehl, est défrichée pour devenir un quartier résidentiel. En 1918, Strasbourg redevient française et le Rhin retrouve son rôle de frontière. L'actuel quartier du Port du Rhin est fréquenté par les Strasbourgeois et les Kehlois, qui apprécient son grand parc avec jardin d'été, jeux et salle de concerts. La baignade est alors très prisée entre les ponts et dans le petit Rhin. De 1919 à 1930, Kehl était occupée par les troupes militaires françaises qui ont gêné toute vie sociale et culturelle et mis la ville dans une situation critique d'un point de vue économique.

La Seconde Guerre mondiale causa des conséquences désastreuses pour Kehl. Deux évacuations, en 1939 et de 1944 à 1953, dispersèrent la population de Baden jusqu'au lac de Constance. Entre 1945 et 1955, alors que Strasbourg gagne en importance grâce à l'implantation d'organisations internationales, Kehl, sous administration militaire française, est freinée dans son développement. Difficilement urbanisable, le secteur du port du Rhin de Strasbourg devient une zone industrielle et commerciale.
A partir de 1960, l'inauguration du nouveau Pont de l'Europe favorise considérablement le transport des personnes et des marchandises. Un nouveau pas est franchi avec les accords de Schengen, entrés en vigueur en 1995, supprimant les contrôles

Depuis 1993, la ville de Kehl est le siège de nombreuses institutions transfrontalières. En 2004, elle a organisé, en coopération avec Strasbourg, une exposition horticole (le Gartenschau. Ce fut ainsi la première fois que le Landesgartenschau, qui a eu lieu dans le cadre du Festival des deux Rives, fut organisé entre deux Etats. Grâce au Jadin des deux Rives, relié par la passerelle, les deux villes ont créé un parc de plus de 60 hectares avec le Rhin au milieu.

Le Jardin et la Passerelle des deux Rives ainsi que le Festival des Deux Rives ont permis de fonder l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau le 17 octobre 2005. Depuis le 4 février 2010, l'Eurodistrict est devenu un Groupement européén de coopération territoriale (GECT).

Dotée de bonnes infrastructures et grâce à sa position pour le commerce et l'industrie, Kehl représente un noeud économique pour le Sud-Ouest de l'Allemagne avec son ports et ses dessertes autoroutières. Grâce à de nombreuses organisations dans les domaines social et culturel (comme la Hochschule pour l'administration), Kehl a acquis une réputation suprarégionale.

 
 
 

Stadtverwaltung Kehl · Hauptstraße 85 · 77694 Kehl · Tel.: 07851 88-0 · Fax: 07851 88-1102 · info@stadt-kehl.de