Le Jardin des deux Rives

Le Jardin des deux Rives

L'esprit du Jardin des deux Rives

Le Jardin des Deux Rives a pu voir le jour grâce à la conjonction favorable d’événements historiques majeurs : la construction de l’Union européenne, la suppression des contrôles douaniers, la réunification allemande, et le retrait des troupes françaises installées à Kehl. Les importantes parcelles ainsi libérées ont ouvert des perspectives intéressantes concernant les aménagements urbains sur les rives du Rhin.

Le Jardin des Deux Rives est aujourd’hui un lieu de rencontres et d’échanges entre Strasbourgeois et Kehlois, un lieu festif et convivial au bord de l’eau et un espace d’accueil pour les manifestations liées à l’art.

Cet espace de plus de 60 hectares comprenant entre autres 650 nouveaux arbres, et près de 8000 arbustes est ouvert à tous et est un symbole fort de la construction européenne.

1995 : L’idée d’un parc transfrontalier voit le jour. L’objectif est d’aménager un territoire de 150 hectares en un seul jardin relié par une passerelle moderne pour piétons et cyclistes.

  • 1998 : Un concours est lancé dans le but de trouver le meilleur projet d’aménagement. Parmi 26 projets, celui du cabinet Brosk d’Essen l’emporte. Les élus politique des villes de Kehl et de Strasbourg valident le choix du jury, et donnent une importance particulière à la passerelle.
  • Mai 2000 : Le projet de passerelle de l’architecte Marc Mimram est retenu parmi cinq propositions. La ligne élancée de la passerelle renforce le symbole de la rencontre entre la France et l’Allemagne.
  • Novembre 2002 : L’aménagement du jardin débute
  • Février 2003 : Les travaux de construction de la passerelle commencent
  • 23 avril 2004 : Inauguration du Festival des Deux Rives et du Landesgartenschau. Ce festival dure 6 mois et ferme ses portes le 10 octobre 2004. L’espace du Jardin des Deux Rives reste ouvert au public.



Lignes de force et architecture

La Passerelle des deux Rives

C’est un événement historique : pour la première fois, Strasbourg se construit non pas contre l’Allemagne, mais avec Kehl ; le Rhin n’est plus une frontière, mais une ouverture vers le pays voisin. Ce projet est l’heureuse conclusion d’un axe urbain encore en devenir, qui commence place de l’Étoile, près du centre-ville de Strasbourg, et qui rallie la ville de Kehl.

Constitué d'anciennes friches industrielles, d'installations portuaires désaffectées ou encore de terrains militaires abandonnés, ce no man's land entre le centre-ville et la frontière est le théâtre de nombreuses opérations d'urbanisation. Le Jardin des Deux Rives en constitue l’aboutissement géographique, symbole transfrontalier de l’ensemble.

L’architecture du Jardin a permis de relever un défi : faire un avec trois, c’est-à-dire unir le Rhin, la rive Allemande à l'est et la rive française à l'ouest. La synthèse est visuellement et géométriquement réalisée grâce au mur d’eau sur la rive française, aux trois principaux axes du Jardin, et à la promenade le long du Rhin.



La rive française

La promenade le long du Rhin restitue la rive aux promeneurs. Jusqu’alors, une double rangée de peupliers isolait le fleuve de la rive française. Aujourd’hui, le principe d’ouverture l’emporte, avec la volonté de se réapproprier la vue sur le Rhin et ses activités, sur la rive allemande et ses promeneurs. Un parcours a été aménagé spécialement pour les piétons, un autre est destiné aux cyclistes et aux rollers sur une distance de plus d’un kilomètre.

Au lieu de de faire table rase du passé, le projet a intégré les installations existantes, pourtant disposées sur le site sans logique ni harmonie : auberge de jeunesse, centre équestre, terrain de pétanque et hôtel profite du Jardin afin de renaître, en quittant une zone désertée, et de se rapprocher d’un nouveau centre de vie et d’activités.

Un espace destiné au jeune public se situe à l’extrémité nord du mur d’eau : jardin et chapiteaux accueillent théâtre, contes, ateliers pédagogique et artistique pour la joie des plus jeunes.

La mise en lumière du Jardin des Deux Rives a nécessité une grande réflexion, dans le but de mettre en valeurs les différents espaces et de créer diverses ambiances. Le mur d’eau et la passerelle ont également été des sujets d’études particuliers, permettant ainsi de jouer avec les reflets de l’eau, la végétation, ou encore les câbles d’acier des haubans.

Le mur d'eau

Situé sur la rive française, le mur d’eau fait écho à ligne de l’Altrhein, un bras du Rhin qui allonge sa courbe nonchalante dans un quartier résidentiel de Kehl. Le mur d’eau rassemble et réunit. Cet impressionnant arc de cercle représente l’élément architectural majeur du jardin.

Le mur d'eau

Long de 250 mètres, ce mur d’eau est constitué de plans inclinés sur lesquels s’écoule paisiblement un film d’eau, tout juste perturbé par le revêtement en pierre naturelle dont les saillies font naître un perpétuel mouvement. En haut de ce mur, un parcours offre une vue imprenable sur le Jardin et les deux Rives. En bas du mur, des bassins d’eau ont été creusés

Trois axes de circulation, parallèles au pont de l’Europe, traversent le Jardin des Deux Rives marquant une continuité visuelle entre les deux rives. L’axe central assure une réelle continuité physique au-dessus du Rhin, grâce à la Passerelle.

Afin de consolider les liens entre le Jardin et la ville de Kehl, il s’est avéré important d’ouvrir la digue, constituant jusqu’alors une barrière contre les inondations. Des ouvertures ont donc été pratiquées dans le prolongement des trois grandes allées transversales, en direction de Kehl.



La rive allemande

Un jardin existait déjà sur la rive allemande. Le projet du Jardin des Deux Rives a permis d’embellir le site, de le restructurer, et surtout de le relier à la rive française. L’Altrhein est désormais mis en valeur, la roseraie a été reconstituée, et la promenade du Rhin fait désormais partie intégrante de la ville. L’abaissement de la digue facilite l’accès au Jardin depuis la ville.

Au-delà de l’inauguration du Jardin, le Festival des Deux Rives a également permis d’œuvrer à l’embellissement de l’entrée de la ville. Cette vaste opération de réhabilitation de l’ancienne zone douanière, de la caserne du Duc Friedrich, ainsi que l’aménagement d’un jardin en terrasses à proximité de la Villa Schmitt, a ainsi incité la ville de Kehl à participer au concours du Landesgartenschau.

Depuis 2003, les terrasses au bord du Rhin permettent un nouvel accès au fleuve. Trois terrasses, reliées par des escaliers et une rampe d'accès pour handicapés, constituent, pour une raison historique, une vaste entrée dans le centre-ville. Sur la place, au pied des terrasses, se trouve une rampe d'accès en pente douce qui permet d'accéder à la promenade du Rhin se terminant au niveau du barrage.

La Villa Schmidt

La Villa Schmidt

Construite au début du 20e siècle, la Villa Schmidt est un bâtiment de style néoclassique. Tourmentée par les guerres, cet édifice connait de nombreux propriétaires allemand et français. Ce n’est qu’en 1996 que la Villa Schmidt devient la propriété de la ville de Kehl.

Lors des travaux pour le Landesgartenschau, un tunnel souterrain a été découvert. Ce passage faisait autrefois partie des fortifications de la ville de Kehl. Durant le Landesgartenschau en 2004, la Villa a accueilli une exposition sur l’histoire de la ville et du Rhin.

Aujourd’hui, le rez-de-chaussée de la villa est transformé en restaurant, tandis qu’une brasserie a vu le jour dans le caveau. Devant la villa se trouve un embarcadère pour les paquebots de croisière, ainsi que pour les bateaux touristiques, comme ceux qui se trouvent à Strasbourg

La caserne du Grand-Duc Friedrich

La caserne du Grand-Duc Friedrich

La caserne du Grand-Duc Friedrich est un bâtiment de style classique, ayant en son temps hébergé le Badische Pioner-Bataillon, ainsi que le casino des officiers, lequel fut inauguré par le Grand-Duc Friedrich.

Depuis le mois de décembre 2002, le centre franco-allemand de la police et des douanes est installé dans une partie du bâtiment. La cour de la caserne est désormais un lieu de spectacles, avec des représentations classiques, rock, folk, sportives, et théâtrales.

La Promenade du Rhin

La promenade du Rhin a toujours été un lieu apprécié des Kehlois. De la Villa Schmidt au nord jusqu’à son extrémité sud près la piscine, cet espace vert se déploie entre la digue et le fleuve sur plus d’un kilomètre.

La promenade du Rhin

La promenade du Rhin a la particularité de posséder une large variété d’arbres : érables, chênes, frênes, peupliers, cèdres et platanes.

Cette balade permet également la découverte de nombreuses œuvres d’artistes offrant aux promeneurs une multitude de points d’attraction le long du fleuve.

Une aire de jeu composée de différentes installations consacrées aux jeux d’eau permet aux plus jeunes de mener des expériences scientifiques et hydrauliques tout en s’amusant. La rivière artificielle reliant le Rhin au vieux Rhin permet également l’épanouissement des enfants. Aux alentours de la piscine, un skate-park de 700 m2 et un terrain de beach-volley viennent compléter l’aire de jeu pour le plaisir des sportifs Kehlois et Strasbourgeois.

La tour panoramique

Le vieux Rhin (Altrhein)

La promenade dans le Jardin des Deux Rives se poursuit sur une note romantique le long du vieux Rhin (Altrhein) qui pénètre dans la ville. Ce bras du Rhin conduit vers le Jardin des Sens, puis vers la scène aquatique sur laquelle se déroulent de nombreux spectacles. La balade se termine avec la poésie de la roseraie, aménagée sur le modèle des jardins de château. Non loin de là, une aire de jeu offre aux plus petits un nouvel espace d’amusement.

La tour panoramique

En escaladant les 210 marches de cette tour panoramique située à l’extrême sud du jardin, la surprise est de taille. Haute de 44 mètres, le sommet de la tour offre une vue sensationnelle : des Vosges à la Forêt Noire, en passant par Strasbourg, Kehl, et le Jardin des Deux Rives.



La Passerelle des deux Rives

Les enjeux du projet de la Passerelle des Deux Rives étaient nombreux et importants : symboliser l’amitié franco-allemande, créer un nouveau lieu de promenade et de rencontre, donner au Jardin des Deux Rives toute sa signification en permettant aux piétons et aux cyclistes de franchir le Rhin. Cette passerelle est la clé de voûte du Jardin des Deux Rives.

La Passerelle des deux Rives

Suite à un concours international, le projet de l’architecte Marc Mimram a été retenu : deux voies parallèles se rejoignant au centre formant ainsi une plateforme à équidistance entre les deux rives. Modèle d’élégance et d’originalité, la géométrie de la Passerelle est hors du commun : chaque élément est unique, ce qui a exigé un façonnage particulier, entièrement sur mesure. Les différentes structures ont été fabriquées en Saxe, assemblées dans le port de Kehl, puis emmenés en barque sur le site. Une autre particularité réside dans le fait que la Passerelle a subi des essais en soufflerie à Aix-La-Chapelle, afin de contrôler sa résistance au vent.

L’ouvrage enjambe le fleuve au sud du Pont de l’Europe : Long de 387,40 mètres, il se compose de deux franchissements reliés entre eux par des poutres, suspendus à deux pylônes d’acier par des câbles de diamètres variables.

De nombreuses contraintes ont dû être prises en compte lors de la conception de cette passerelle : la navigabilité du fleuve, mais également la protection des oiseaux migrateurs (grèbe huppée, cormoran, oie sauvage, sarcelle, poule d'eau, héron gris et beaucoup d‘autres). Des modifications ont par ailleurs été apportées à la passerelle, afin d'éviter que les oiseaux ne se blessent en heurtant les haubans.

Données techniques :

  • Hauteur : environ 10 mètres
  • Longueur totale : 387,40 mètres
  • Largeur : 3,50 mètres côté amont – 2,00 mètres côté aval
  • Hauteur des mâts : 36 mètres
  • Distance entre les piliers : 175 mètres
  • Piliers : 6 900 m3 de béton armé
  • Pylônes et câbles (haubans) : 1 100 tonnes d'acier et 3 600 mètres de câbles d'acier



L'art au Jardin des deux Rives

Le jardin des Deux Rives n’est pas seulement un lieu d’exposition pour des œuvres créées ailleurs, mais également un lieu propice à l’inspiration, la création, et l’imagination pour les artistes. C’est ainsi que cinq œuvres ont été conçues pour le Jardin, parfois pour un lieu précis. Akio Suzuki, Tadashi Kawamata, Andrea Blum, Philippe Lepeut et Sylvie Blocher en sont les artistes.

L’autre côté de Sylvie Blocher

Aux abords de la rive, d’amples corolles colorées perturbent joyeusement l’étendue verte du jardin et l’alignement rigoureux des chemins. Comme suspendues au-dessus de l’eau et de l’herbe, elles peuvent accueillir une personne, un couple, une famille ou des amis. On s’y installe volontiers, comme en lévitation, pour admirer la rive opposée, pour mieux soupeser le lien et la distance, le présent et l’histoire, soi et l’autre. Au moment des crues, qui parfois font grossir le Rhin, l’art de Sylvie Blocher apparaît comme des îlots de couleurs à fleur de l’eau.

Alsacienne d'origine, Sylvie Blocher compte parmi les plasticiens les plus importants d'aujourd'hui. Ses projets in situ sont conçus comme des interventions destinées à activer une situation, à inverser ou infléchir le sens d'une histoire qui pèse sur les êtres.

Sleep (Dormir) et Drink (Boire) d'Andrea Blum

L’œuvre d’Andrea Blum est inspirée des nécessités vitales de l’être humain : boire et dormir. Ainsi, elle a conçu deux structures : le Sleep et le Drink.

Le Sleep est constitué d’un ensemble de divans en bétons teintés, sur lesquels on s’allonge côte à côte, face à face, ou dos à dos. Les corps forment des ensembles évolutifs tels que tant d’autres expériences de cohabitation temporaire.

À quelques pas de là, le Drink, des vasques aux formes nettes et pures dessinent poétiquement la relation au fleuve : boire à la fontaine, voir et entendre le Rhin couler, sentir ruisseler l’eau dans son corps.

Les éléments des deux structures s’articulent de manière à provoquer des situations d’intimité inattendues avec notre voisin. Une façon pour l'artiste d'observer la façon dont les visiteurs s'accommodent de leur proximité sur des sièges à la fois communs et individuels, de susciter malicieusement la conscience de soi et de l'autre.

Artiste new-yorkaise, Andrea Blum s'intéresse à l'architecture et à l'urbanisme ainsi qu'aux évolutions de la société. Dans ses projets, elle explore le cadre de la vie quotidienne, intime ou publique. Ses installations sont à la fois des solutions pratiques et des expériences qui nous font modifier nos gestes habituels ou notre manière de nous comporter seuls ou en groupe

Garden Folies and Wooden Structures de Tadashi Kawamata

Le Jardin des Deux Rives a inspiré l'artiste japonais Tadashi Kawamata dans la création d’une multitude de structures en bois aux usages divers. Il élabore ainsi de petites architectures à l’apparence très simple et servant d’abri. Leur emplacement et la vue qu’elles offrent sur l’autre berge et sur le Jardin sont favorables à la méditation sur l’histoire du site pour les Strasbourgeois et les Kehlois.

En parallèle, de plus petites structures rythment la balade dans le Jardin. Le long des chemins ou des allées, elles nous invitent à nous asseoir, à pratiquer des exercices physiques pour tous les âges et tous les goûts, laissant la liberté à l’homme de les effectuer comme bon lui semble. Sur la rive allemande comme sur la rive française, gestes et actions (courir, s’asseoir, regarder, s’étirer, marcher) se produisent comme en écho.

Amer 6 de Philipe Lepeut

L’œuvre élaborée par Philipe Lepeut porte le nom de son repère sur le Rhin : l’Amer 6 (kilomètre 392,6). Dos au fleuve, un grand monochrome aussi bleu que le ciel d’été a été peint sur le mur d’une cabane surélevée, protégée du soleil par un treillis, et servant d’appui à des plantes grimpantes (clématites et houblons sauvages, lianes emblématiques de la forêt rhénane).

Cette cabane de pêcheur est un espace de rencontre proposé aux associations et institutions œuvrant pour la protection du milieu aquatique. Elle invite aussi à une réflexion sur la connaissance du biotope, sur le respect de la faune et de la flore et sur la nécessité d'une conscience civique et responsable vis-à-vis du paysage et de la nature. Elle propose à la fois une sensibilisation poétique et scientifique à l'écologie et à l'environnement.

Né à Nantes en 1957, Philippe Lepeut vit aujourd'hui à Strasbourg. Son œuvre se nourrit de références littéraires et scientifiques (botanique, entomologie...). Attentif à la nature, il interroge par ses dernières œuvres sur les nouvelles formes d'artificialité portées par nos technologies, ainsi que sur les aménagements qui modifient l'équilibre de notre environnement.

Izanai 2004 et Otodate-steps d'Akio Suzuki

Deux murs de grès rouge, incurvés à la manière de deux mains géantes, entretiennent un souffle perpétuel. Ces œuvres créent un paysage sonore amplifié et invite à une écouter privilégié de l’espace phonique du Jardin et du Rhin.

L’emplacement a été minutieusement choisi par Akio Suzuki, de manière à faire écho aux sons du fleuve ou du mur d’eau. Les sonorités varient selon la position du promeneur, qui se place et se déplace vers les divers points d’écoute marqués au sol. Chaque mur stimule l’oreille la plus proche. Au centre, l’harmonie stimule de manière égale les deux oreilles. Pour une écoute partagée avec un être cher, il suffit de se positionner dos à dos.

Les Otodate-steps sont les lieux d'écoute pour la "cérémonie des sons". Ce motif très stylisé, représentant deux oreilles dans deux empreintes de pieds, est gravé dans une plaque de grès ou peint au pochoir. Akio Suzuki a déterminé plusieurs points d'écoute dans le jardin et au-delà, dans le quartier du Port du Rhin. Ce faisant, il multiplie les expériences, suscitant notre ouïe, modifiant notre rapport au monde essentiellement entretenu par la vue. Pionnier de l'art du son, performer espiègle et inclassable, inventeur d'instruments de musique, Akio Suzuki a pour sujet le désir d'écouter et d'entendre.

Né en 1941 et vivant au Japon, il explore le rapport qu'entretiennent le temps, le son et l'espace.



Histoire d'un lieu hautement stratégique

Il ne reste aujourd’hui aucune trace du castrum romain établi en l’an 12 av. J.-C., seulement le souvenir d’un premier moyen de traverser le Rhin : une passerelle en bois, transformée ensuite en un « pont long » au Moyen-Âge, permettant de franchir les différents bras de ce fleuve alors réputé comme étant indomptable.

La ville de Kehl fut mentionnée pour la première fois en 1038, et était à l’époque un village de pêcheurs avec une église paroissiale. En 1678, lors de la Guerre de Trente Ans, la ville devint un lieu de retranchement pour Louis XIV. Vauban participera ensuite à la fortification de la ville de Kehl pour protéger Strasbourg. La forteresse de Kehl restera, avec de courtes interruptions, une possession badoise.

Avec la réunion des marquisats (Markgrafschaffen) de Baden-Durlach et de Baden-Baden en 1771, Kehl devient progressivement un centre de commerce pour le bois et le chanvre. En 1774, la ville obtient le droit municipal. Cependant, son essor économique est interrompu par les guerres napoléoniennes de 1792. La ville est assiégée pendant deux décennies. Le fort de Kehl est détruit lors de la Révolution, et Napoléon ordonne sa reconstruction et devient alors l’une des plus grandes fortifications d’Europe, jusqu’à son démantèlement en 1814 suite au Traité de Paix.

Hafen Historisch

En 1815, deux architectes, Tulla et Weinbrenner jouent un rôle important dans la reconstruction laborieuse de la ville de Kehl. Ils ont notamment initié les travaux corrigeant le parcours du Rhin, ce qui a eu une grande importance dans le développement économique de la ville.

En 1861, la construction d’un pont routier et d’un pont ferroviaire sur le Rhin a profité à l’industrie locale. Ces ponts constituaient également le premier lien direct entre la Place Kléber à Strasbourg et la mairie de Kehl.

Encore une fois, l’essor économique de la ville est brusquement interrompu par la guerre franco-allemande de 1870-1871 durant laquelle la ville de Kehl est drastiquement touchée. Suite à la guerre, l’Alsace est désormais un État de l’Empire Allemand. Ce n’est qu’en 1918 que Strasbourg revient une ville française et que le Rhin retrouve son rôle de frontière.

De 1919 à 1930, la ville de Kehl est occupée par des troupes militaires françaises, gênant ainsi toute vie sociale et culturelle, et mettant en péril l’économie de la ville.

La Seconde Guerre mondiale causa des conséquences désastreuses pour Kehl. Deux évacuations, en 1939 et de 1944 à 1953, dispersèrent la population de Baden jusqu'au lac de Constance. Entre 1945 et 1955, alors que Strasbourg gagne en importance grâce à l'implantation d'organisations internationales, Kehl, sous administration militaire française, est freinée dans son développement. Difficilement urbanisable, le secteur du port du Rhin de Strasbourg devient une zone industrielle et commerciale.

Dès 1960, l’inauguration du nouveau Pont de l’Europe favorise considérablement le transport des personnes et des marchandises. Les accords de Schengen entrés en vigueur en 1995 suppriment les contrôles douaniers et permettent ainsi la libre-circulation entre l’Allemagne et la France.

Dès ce jour, le Rhin réunit plus qu’il ne divise. Le partenariat entre Kehl et Strasbourg est en constante évolution depuis le début des années 2000. En 2004, les deux villes ont organisé, une exposition horticole (le Gartenschau). Ce fut ainsi la première fois que le Landesgartenschau, qui a eu lieu dans le cadre du Festival des deux Rives, fut organisé entre deux Etats. Grâce au Jardin des deux Rives, relié par la passerelle, les deux villes ont créé un parc de plus de 60 hectares avec le Rhin au milieu.

Le Jardin et la Passerelle des deux Rives ainsi que le Festival des Deux Rives ont permis de fonder l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, le 17 octobre 2005. Depuis le 4 février 2010, l'Eurodistrict est devenu un Groupement européen de coopération territoriale (GECT).

Dotée de bonnes infrastructures et grâce à sa position pour le commerce et l'industrie, Kehl représente un noeud économique pour le Sud-Ouest de l'Allemagne avec son ports et ses dessertes autoroutières. Grâce à de nombreuses organisations dans le domaine socio-culturel (comme la Hochschule pour l'administration), Kehl a acquis une réputation suprarégionale.

 
 
 

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